Diagnosis card

Fiche diagnostic

Le pourridié du rhododendron

Le pourridié est causé par un champignon qui tire son nom du latin armilla qui veut dire bracelet. Le plus connu est l'armillaria mellea ou armillaire couleur de miel mais il est possible qu'il ne soit pas seul en cause.

Biologie, symptômes et dégâts

Il existe 5 différentes sortes d'armillaire en Europe. Bien que peu de recherches aient été effectuées on considère généralement que l'armillaire n'est pas un sérieux problème pour les rhododendrons. En Californie, où les conditions d'humidité et de chaleur sont optimales pour ce champignon, il est commun dans les jardins et pourtant les rhododendrons ne sont qu'occasionnellement attaqués et encore moins les azalées.

On remarque que les plantes attaquées ont souvent été affaiblies auparavant par d'autres causes. En Angleterre, où le champignon est également présent dans toutes les zones de culture du rhododendron on signale qu'il ne tue que des arbres isolés.

Les plantes infectées sont affaiblies et ne se développent pas aussi vite que les plantes saines. Leurs feuilles peuvent devenir jaunes, s'enrouler et tomber, et les plantes peuvent mourir. La mort peut être rapide, c'est le plus souvent le cas, ou prendre plusieurs années. C'est dire si les symptômes ne sont pas très typés.

On peut néanmoins identifier de façon formelle le champignon, dont on soupçonne l'existence, par la présence d'une fine couche de tissus blancs entre l'écorce et le bois au niveau du sol ou encore, en terre, sur les plus grosses racines. Il dégage également une odeur agréable de champignon frais. La présence de longs "filaments" noirs de l'épaisseur d'une allumette qui sont ses racines enserrant étroitement, d'où son nom latin, les racines de la plante parasitée est une preuve indéniable de sa présence néfaste, de même que les champignons qui sortent autour de la base des plantes infectées ou encore quelques fois à partir de racines qui affleurent le sol. Les filaments noirs ne sont jamais à plus de 30 cm de profondeur.

Pour plusieurs raisons, en plus d'une possible résistance naturelle, les rhododendrons et azalées ne sont pas communément infectés par ce champignon. Les rhododendrons, bien qu'ayant un système racinaire qu'on peut qualifier de peu profond, ne présentent pas de parties boisées en quantité suffisante à la surface du sol et donc aucune base alimentaire de départ nécessaire à l'armillaire qui ne peut exister que sur ou à l'intérieur du bois. Le champignon, bien que présent dans le sol, ne peut croître sans cette nourriture. Les filaments, dont nous avons précédemment parlé, assurent sa progression le long des racines ou pour passer d'un morceau de bois à un autre, ce qui ne peut se réaliser que s'il y a contact. Le filament pénètre alors dans le bois et, une fois sous l'écorce, développe cette fine couche blanche de tissus progressant dans les deux sens à partir de son point de pénétration.

Mesures prophylaxiques et méthodes préventives

Désinfecter le sol avec du sulfate de carbone, à raison de 50 grammes par mètre carré; on attend ensuite cinq à six ans avant de replanter.

Il n'existe, à ce jour, aucun moyen efficace curatif contre l'armillaire. Si le champignon est connu pour avoir déjà tué dans une zone de plantation, la plus élémentaire prudence consiste à retirer le maximum, pour ne pas dire la totalité des racines de la ou des plantes mortes. Dans le cas contraire le champignon en "hibernation" sur les racines mortes passera rapidement du bois mort au bois vivant, le tuera pour s'en nourrir puisqu'il est saprophyte et le cycle recommencera. Il est à noter que les feuilles mortes ne véhiculent le champignon que s'il y a présence de bois mort. Enfin, dernier détail d'importance, le champignon ne résiste absolument pas à la sécheresse et meurt dans ces conditions.

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