Diagnosis card

Fiche diagnostic

Le puceron du rhododendron

Dès que la moyenne des températures s'installe autour de 15° on est assuré de voir arriver les pucerons sur les nouvelles pousses des rhododendrons.

Biologie, symptômes et dégâts

Les températures relativement hautes expliquent pourquoi les Rhododendrons précoces échappent la plupart du temps à ces insectes. Les attaques cessent dès que les feuilles ont acquis leur plein développement que ce soit sur une branche ou sur la plante entière pour la bonne et simple raison que le puceron se nourrit de sève prélevée sur ces feuilles à l'aide de son rostre. On ne voit jamais de pucerons sur une feuille ayant atteint son plein épanouissement. Il suce la sève par un rostre qu'il enfonce dans les canaux qui transportent la sève. Souvent ils se groupent le long de la nervure principale, là où le maximum de "sucs" transite.

Votre attention devra être en éveil tout de suite après la floraison pour diminuer au fur et à mesure que la pousse de l'année se fait.
Les feuilles recevant moins de nourriture présentent des problèmes de croissance qui se traduisent par des déformations importantes de leur structure. Ce n'est nullement dangereux pour la plante mais le préjudice esthétique peut être très important et il peut être recommandé d’agir. Quelques feuilles petites, tordues et déformées sont le premier signal d'alarme et le plus visible.
La vue de quantités de minuscules lambeaux blanchâtres d'environ 2 mm, collés de part et d'autre de la feuille, doit éveiller votre méfiance. Ces lambeaux sont les restes de peau des pucerons lors de leur mue : on voit très bien leur "squelette" à l'aide d'une forte loupe.

Un va et vient de fourmis (à condition qu'il y ait une fourmilière près du pied du Rhododendron) ne peut que renforcer votre méfiance.

Pour vous assurer qu'"ils" sont là, prenez une jeune feuille dont les bords sont encore enroulés sur eux-mêmes et examinez son envers. Vous verrez une ou deux dizaines de pucerons, souvent de différentes tailles, alignés le long de la nervure principale. Ils ont leur rostre, qui est une sorte de tarière, enfoncé dans cette nervure et par l'intermédiaire de cet appendice creux ils pompent la sève.

Ils sont groupés là parce qu'à cet endroit la sève arrive à plus gros débit que sur les nervures secondaires. Sur les feuilles déjà un peu plus grandes ils peuvent être sur toute la surface de la feuille vraisemblablement parce que quelque soit l'endroit où ils enfoncent leur rostre ils trouvent suffisamment de sève.
Parfois quand la colonie est nombreuse, ils s'aventurent sur l'endroit des feuilles et l'on peut faire les mêmes remarques quant à leurs regroupements : le long de la nervure principale en cas de feuille juvénile et sur toute la surface de la feuille quand elle est plus agée. Quelque temps après, quand les bourgeons à fleurs se forment, une partie de la colonie s'y concentre. Cette dernière croit d'autant plus rapidement que le temps est chaud et sec car la sève est, dans ces conditions, beaucoup plus concentrée et la nourriture de ces parasites suceurs n'en est que plus riche.

En résumé ce sont les feuilles déformées et nécrosées qui sont le signe révélateur d'une attaque de pucerons.

Mesures prophylaxiques et méthodes préventives

Certains Rhododendrons ne sont jamais attaqués :
- les précoces comme Avalanche,
- les porteurs de pilosité sur les feuilles (indumentum) comme R. yakushimanum,
- et ceux qui sécrètent une sorte de résine gluante sur la nouvelle pousse comme les Loderi.

Eviter les excès d’engrais azoté.

Méthodes biologiques

Favoriser l’installation des auxiliaires (chrysope, syrphes et coccinelles). Pour cela vous pouvez installer un hôtel à insectes dans votre jardin.

Lutte chimique

Il existe dans le commerce des insecticides adaptés pour se débarrasser des importuns, préférez ceux à action systémique. Assurez-vous de vous munir d'un insecticide autorisé et homologué, portant la mention "Emploi autorisé dans les jardins". N'employer les grands moyens qu'en cas d'absolue nécessité. Les pucerons sont nuisibles mais non mortels et quelques feuilles disgracieuses n'altéreront pas l’esthétisme de la plante. Il faut cependant admettre que ces feuilles, preuves concrètes d'une attaque, resteront un an ou deux sur le plant avant de tomber.

En cas d'invasion notable, un traitement exécuté dans les premiers jours ne laisse pratiquement aucune trace. Les feuilles, traitées à temps, reprennent leur croissance normale. Par contre, si la déformation était déjà bien établie, il est impossible que la feuille reprenne sa forme normale.

Pour information, les produits conventionnels, c'est-à-dire ceux issus de la synthèse chimique, vont être retirés de la vente aux jardiniers amateurs à partir du 1er janvier 2019.

Renseignez-vous dans une jardinerie (ou un magasin spécialisé) auprès d'un conseiller jardin certifié.

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