Diagnosis card

Fiche diagnostic

Les brunissures du thuya

Une règle, commune à tous les végétaux, s'applique au premier chef aux conifères : une plante, quand elle est bien à sa place et convenablement nourrie, est vigoureuse et donc peu sensible aux maladies.

Biologie, symptômes et dégâts

La plupart des difficultés rencontrées avec les conifères sont, en effet, dues à un mauvais choix des plantes par rapport au sol et aux conditions atmosphériques. 

Dans de mauvaises conditions, les conifères réagissent en prenant une teinte rousse et en perdant leurs aiguilles. Ils sont alors en état de moindre résistance vis-à-vis de leurs ennemis. En effet, nombreux sont les parasites qui vivent aux dépens de ces plantes. En dehors des conditions optimales de culture qui représentent la meilleure parade aux attaques des parasites, il est parfois utile de traiter lorsque le mal est important. Si un conifère isolé ou plusieurs sujets dans une haie, jaunissent et se dessèchent, plusieurs raisons, plus ou moins graves, peuvent en être la cause. Il convient évidemment d'identifier justement, au départ, l'origine des dégâts afin de mener une lutte adaptée.  Si vous observez par exemple des brunissures sur certaines aiguilles de vos thuyas qui, petit à petit, gagnent la branche entière, la cause en revient à la nature du sol :

- Trop compact, trop humide, ou trop argileux en hiver, et trop sec en été, qui provoque l'étouffement des racines. Dans ce cas, il aurait fallu surélever la plantation. A ce stade, deux solutions s'offrent à vous : déplantez votre arbre, drainez et allégez le terrain en creusant une tranchée et en y incorporant du sable et des graviers, puis replantez. Vous pouvez, plus simplement, creuser une tranchée autour de l'arbre et y déposer un drain relié à un puisard.

- En terre légère et pauvre, on peut au contraire invoquer le manque d'eau et de nourriture. Des apports d'eau s'imposent alors car la sécheresse, plusieurs années de suite, peut être préjudiciable aux conifères qui se trouvent affaiblis et deviennent plus vulnérables aux maladies. Il faut aussi reprendre les apports d'engrais pour les thuyas malade comme indiqué ci-dessus.
Mais si le roussissement se généralise rapidement à la plante entière, il est plutôt lié à la présence de champignons. Il faut alors traiter le plus vite possible, tous les quinze jours.

Le brunissement très brutal d'un thuya isolé ou dans une haie, parfois sans que ses voisins semblent affectés, est la conséquence vraisemblable de la maladie du dépérissement, causée par un terrible champignon, le Phytophthora cinnamomi qui attaque aussi les rhododendrons, bruyères, gaultherias, etc... Il attaque et détruit les racines causant un dépérissement progressif de la plante. Il se propage par les plaies des arbustes et par les racines, car il reste dans la terre.

On observe fréquemment à l’automne des dépérissements de rameaux et altérations du feuillage des haies de thuyas. Une majorité de causes sont liés à de mauvaises conditions agronomiques et culturales profitables à d’autres champignons, notamment : Pestalotiopsis funerera, Phomopsis juniperovora, Kabatina thujae sont fréquemment présents en même temps sur une même plante. Les brunissures touchent d’abord quelques rameaux gagnant peu à peu l’ensemble des branches.

Autres symptômes (jaunissement du thuya...)

Pestalotiopsis funerara

Jaunissement des rameaux atteints de l’extrémité vers la base, dessèchement puis mort du rameau. Grains noirs à la base des feuilles et des pousses atteintes

Phomopsis juniperovora

Points jaunes sur les jeunes écailles, les pousses atteintes deviennent vert clair puis brun-rouge, puis un chancre rougeâtre entoure la base des pousses atteintes. Points gris noirâtres visibles toute la saison sur les chancres. Ecoulement résineux au niveau des chancres (gommose).

Kabatina thujae

Symptômes semblables à ceux de Phomopsis, ce sont surtout les rameaux de plus d’un an qui sont atteints. Lésions grisâtres à la base des parties de pousses atteintes portant des fructifications.

Didymascella thujina

Grisâtres, puis bruns (le thuya devient marron). Présence sur les écailles de coussinets de couleur marron clair et de la taille d’une tête d’épingle. Ces coussinets finissent par tomber, les rameaux attaqués ont alors un aspect criblé.

Mesures prophylaxiques et méthodes préventives

- Le seul traitement efficace contre les maladies du thuya consiste à éliminer les plantes très atteintes car à ce stade il est souvent trop tard pour agir, et à traiter les autres. Un sol trop humide favorise l'action de ce champignon. Il est donc très important de placer vos plantes en des endroits bien drainés. Notez également que le paillage permanent avec des écorces de pin peut favoriser le développement de ce champignon.
- Assurer la vigueur des plantes par une bonne adaptation aux conditions de sol et de climat ainsi que par une fumure équilibrée
- Bien arroser en cas de sécheresse (éviter l’arrosage par aspersion)
- Attention aux fausses impressions : chaque printemps, l'extrémité des rameaux des chamaecyparis se couvre de pustules rougeâtres. Beaucoup croient alors reconnaître une attaque d'araignées rouges. Mais il n'en est rien. Ces arbres sont simplement en train de fleurir. Secouez-les et vous vous trouverez enveloppé d'un nuage de pollen.
- Certains conifères comme le Cryptomeria japonica "Elegans' et le Microbiota decussata deviennent roux en hiver, comme victimes d'un gel trop fort ou d'un subit dépérissement. Or, ils ont simplement revêtu leur tenue d'hiver. Ne vous précipitez pas sur votre bêche pour les arracher.

Méthodes biologiques

La meilleure méthode pour lutter contre ces maladies est d'une part d'arracher et d'éliminer les arbres atteints et de remplacer les haies de thuyas attaquées par des haies d'autres essences, notament de feuillus qui serviront de « réservoirs » à insectes auxiliaires.

Comment lutter contre les maladies du thuya ?

Lutte chimique

Il existe un fongicide spécial conifère en arrosage et en pulvérisations, en respectant les doses préconisées. Assurez-vous que le produit de votre choix soit homologué, autorisé et porte la mention "Emploi Autorisé dans les Jardins". L'intervention doit être répétée plusieurs fois au cours de la saison.

Pour information, les produits conventionnels, c'est-à-dire ceux issus de la synthèse chimique, vont être retirés de la vente aux jardiniers amateurs à partir du 1er janvier 2019.

Renseignez-vous dans une jardinerie (ou en magasin spécialisé) auprès d'un conseiller jardin certifié ou auprès d'un professionnel certifié des espaces verts.

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